Organiser un exercice d’évacuation incendie en entreprise vous semble être une perte de temps qui perturbe vos équipes ? Cette perception est un risque, car le jour J, la panique est le pire ennemi et seuls les réflexes acquis et répétés permettent de transformer le chaos potentiel en une procédure maîtrisée qui sauve des vies. Cet article vous donne les clés concrètes pour organiser un exercice efficace, qui va bien au-delà de la simple obligation légale semestrielle et devient un véritable pilier de votre culture sécurité, en assurant que chaque collaborateur, y compris les personnes à mobilité réduite, sache exactement comment réagir.
L’obligation légale une base non négociable
Allons droit au but. L’article R4227-39 du Code du travail impose un exercice d’évacuation tous les 6 mois. C’est non négociable. L’objectif est simple : s’assurer que chaque salarié connaît les consignes et sait comment réagir.
Cette obligation s’accompagne d’une exigence de traçabilité. Chaque exercice doit être consigné dans le registre de sécurité. Ce document témoigne de votre engagement et peut être demandé par l’inspection du travail. Ne pas le faire, c’est s’exposer.
Organiser son exercice d’évacuation en 3 étapes clés
Un exercice réussi est un exercice pensé, structuré et analysé. Voici ma méthode, en trois temps.
Les vrais objectifs derrière l’exercice
Au-delà de la loi, l’exercice a des bénéfices concrets. C’est le moment de vérifier que tout fonctionne, humainement et matériellement. C’est aussi un moyen de démêler le vrai du faux sur les procédures incendie. Les objectifs sont multiples :
- Tester l’audibilité du signal d’alarme sonore par tous.
- S’assurer que les chemins d’évacuation sont dégagés, connus et bien utilisés.
- Valider le temps d’évacuation et le comparer aux objectifs fixés.
- Entraîner les équipes dédiées (guides-files, serre-files) à leurs missions.
- Créer une culture de la sécurité et rassurer vos collaborateurs.
Étape 1 la préparation en amont
D’abord, définissez les rôles. Qui fait quoi ? Vous aurez besoin de guides-files pour ouvrir la marche et de serre-files pour vérifier que personne n’est laissé derrière. Ces personnes sont la colonne vertébrale de votre évacuation et doivent être compétentes, ce qui justifie de suivre une formation EVAC dédiée.
Étape 2 le déroulement de l’exercice
Le jour J, tout s’enchaîne. Le déclenchement de l’alarme donne le signal. Chaque seconde compte. Les collaborateurs arrêtent leur activité, ferment portes et fenêtres sans verrouiller, et se dirigent calmement vers la sortie.
Les guides-files orientent les flux vers le point de rassemblement extérieur. Pendant ce temps, les serre-files effectuent une dernière vérification de tous les locaux de leur zone. Leur mission est simple : personne ne doit rester à l’intérieur.
Une fois au point de rassemblement, le comptage des personnes commence. Chaque responsable de groupe fait l’appel et remonte l’information. Ce n’est qu’une fois que tout le monde est recensé que le responsable peut annoncer la fin de l’exercice.
Étape 3 le débriefing à chaud et le suivi
L’exercice ne s’arrête pas quand l’alarme se tait. Le moment le plus riche d’enseignements est le débriefing. C’est là que l’on transforme une simulation en un outil de progrès.
Commencez par un retour “à chaud” au point de rassemblement. Puis, organisez une réunion avec l’équipe d’évacuation pour analyser le déroulement avec des questions précises.
- Le temps d’évacuation a-t-il été respecté ?
- Les consignes ont-elles été suivies (pas d’ascenseur, pas d’effets personnels) ?
- Des difficultés ont-elles été rencontrées sur les cheminements ?
- Le comptage au point de rassemblement a-t-il été rapide et fiable ?
Ces observations doivent être compilées dans un compte-rendu. Ce document, consigné dans le registre de sécurité, n’est pas une simple archive. C’est votre feuille de route pour identifier les points faibles et préparer le prochain exercice.
Le cas particulier des personnes en situation de handicap
La sécurité, c’est pour tout le monde. Sans exception. Pourtant, un angle mort subsiste trop souvent dans les plans d’évacuation : la prise en charge des collaborateurs en situation de handicap.
L’évacuation des personnes à mobilité réduite (PMR) ou présentant un autre type de handicap ne s’improvise pas le jour J. La réglementation prévoit des solutions concrètes, comme l’évacuation différée. Le principe est simple : si l’évacuation immédiate est impossible, la personne est guidée vers un refuge temporaire.
Il s’agit des espaces d’attente sécurisés (EAS) (EAS). Ce sont des zones spécifiques, conçues pour résister au feu et aux fumées pendant une durée déterminée, où une personne peut attendre l’arrivée des équipes de secours en toute sécurité. Votre exercice d’évacuation doit impérativement tester ce scénario.
Cela implique d’identifier en amont, et en toute confidentialité, les personnes qui pourraient avoir besoin d’une assistance. Il faut ensuite désigner des accompagnateurs volontaires et formés, qui connaissent la procédure et savent comment réagir. L’exercice est l’unique occasion de vérifier que cette chaîne de solidarité est non seulement pensée, mais surtout, qu’elle fonctionne sur le terrain.
Après l’exercice que faire pour maintenir les bons réflexes
La première étape est la transparence. Communiquez les résultats au personnel. Expliquez ce qui a bien fonctionné et ce qui doit être amélioré.
L’exercice teste. La formation corrige et ancre les bons gestes. C’est le duo gagnant. Pour capitaliser sur les leçons de votre simulation, voici des actions concrètes à envisager :
- Organiser régulièrement des sessions de formation au risque incendie.
- Mettre à jour les consignes de sécurité si l’exercice a montré qu’elles n’étaient plus adaptées.
- Mettre à jour le registre incendie.
- Programmer et anticiper le prochain exercice.
Et pour que la sécurité reste dans les esprits, pourquoi ne pas en faire un jeu ? Mettez vos équipes au défi et testez vos connaissances avec notre quiz incendie.
Un exercice réussi est un exercice qui vous apprend quelque chose. Alors, prêt à organiser le vôtre ?